Descriptif détaillé du projet

Sommaire

Origine du projet

Le village de Beaufort, « capitale » de la Vallée de la Gervanne est en croissance démographique régulière. Les besoins de nouvelles habitations résultent de cette évolution. Celle-ci est heureusement bien contenue par une volonté politique soucieuse de préserver l’espace naturel et de limiter la taille des infrastructures.

Ainsi, plutôt que d’étendre le périmètre constructible, la commune encourage la mise en valeur des volumes bâtis et des parcelles encore aménageables dans ce périmètre, proches du village.

Le lieu-dit du futur écoquartier s’intitule « Gour de Lu » . C’est le nom du petit ruisseau qui borde la parcelle à l’est.

La parcelle du Gour de Lu répond complètement à ces objectifs. Lorsque sa constructibilité a été sollicitée, la famille Buffardel de Beaufort qui la détient a proposé le concept de l’écoquartier et en a financé le projet.

Celui-ci a d’emblée trouvé le plein accord et la participation à sa réalisation des instances politiques, administratives, environnementales et professionnelles suivantes :

  • Commune de Beaufort
  • Communauté de Communes du Val de Drôme (CCVD – Biovallée);
  • Direction Départementale des Territoires (DDT) ;
  • Parc Naturel Régional du Vercors (PNRV) ;

Ces instances, avec les représentants de la famille Buffardel et le Bureau d’architecture et d’urbanisme UrbArchi Amunatégui d’Avignon, ont constitué un Comité de pilotage du projet.

Objectifs et évolution du projet – état à mai 2019

Le Comité de pilotage (COPIL) a établi, durant les années 2016 et 2017, un cahier des charges et un plan d’intentions, lesquels tracent les lignes directrices principales de l’écoquartier :

  • Coulée verte d’au moins 2’500 m2;
  • Maisons individuelles à deux niveaux (rez+1er) groupées par îlots, construites en respectant la topologie naturelle du terrain ;
  • Concentration des voitures parquées en un seul lieu (hors de la vue directe des habitants) ;
  • Bâtiment collectif (salle de réunion, buanderie, atelier, etc.) ;
  • Jardins potagers communs entre la D70A et les habitations ;
  • Place de jeux pour enfants hors des circulations internes ;
  • Emprise minimale des voies de desserte ;
  • Production électrique annuelle au moins équivalente à la consommation du quartier ;
  • Isolation thermique des bâtiments bioclimatiques selon les techniques les plus performantes (ossature bois, directive RT-2020). Objectif de la consommation de la production de chaleur d’appoint (bois) : inférieure à 0.5 m3/an/100 m2 de surface de plancher ;
  • La récolte et l’accumulation de l’eau de pluie sont suffisantes pour alimenter les chasses des WC et les besoins d’arrosage.

Le croquis en plan de la page suivante est une représentation graphique des résultats des analyses environnementales, paysagères et architecturales imposées par l’écologie du lieu et par la qualité de vie requise pour ses futurs habitants. Les dispositions résultent aussi en bonne partie des échanges avec des personnes intéressées au projet.

Ces dispositions laissent toute liberté à l’architecture extérieure et, à plus forte raison, intérieure des maisons, aux volumes de celles-ci, au nombre d’îlots, à la répartition des maisons à deux ou à un seul appartement, aux aménagements de la parcelle et du bâtiment collectif, etc.

Nombre d’habitations

Le nombre d’habitations à construire sur la parcelle est limité à 20.

Ce nombre de 20 habitations (40 à 50 personnes) résulte d’un choix soumis à deux impératifs en l’occurrence opposés : meilleure utilisation du sol et prise en compte des capacités d’accueil du village (infrastructures et croissance démographique).

      1. Le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement) place la densité en tête des critères qui définissent un écoquartier : « Le développement durable est contraire à l’étalement urbain et au phénomène de mitage. L’écoquartier consomme le moins d’espace possible.La densité d’un écoquartier rural devrait se situer entre 50 et 100 habitants à l’hectare. En considérant à la fois la valeur basse de la fourchette, soit 50 habitants/hectare et la statistique française du nombre moyen d’habitants par logement en 2016, soit 2.3, le nombre minimal d’habitations pour l’écoquartier du Gour de Lu serait de 27 [(50/2.3)⋅1.25].
      2. La limitation de 27 à 20 habitations s’inscrit à la fois dans les objectifs de croissance démographique contenus de la commune, tenant compte, notamment, des capacités actuelles des infrastructures ainsi que les souhaits, exprimés jusque là, de personnes intéressées par le projet (futurs habitants potentiels).

Typologie et implantation des maisons dans la parcelle

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Toutes les maisons sont individuelles et à deux niveaux (rez + 1er). Elles sont groupées par îlots (4 dans le projet) pour laisser de l’espace vert entre les constructions. Leur implantation dans le terrain respecte la topologie naturelle de celui-ci.

Les maisons sont décalées en plan de la profondeur des terrasses (3.6 m selon le projet). Cette disposition permet l’intimité des habitants entre les maisons contiguës (la convivialité n’est pas imposée, elle est volontaire).

12 maisons sont prévues, dont 8 à 2 habitations et 4 à une seule. Ce choix résulte de la proportion estimée de foyers ayant peu de besoins en surface habitable (personnes et couples seuls) par rapport à des familles avec enfants (petits ou grands). Cette proportion du projet actuel peut varier au gré des intérêts et des spécificités des futurs habitants du quartier.

La typologie des maisons procède de l’étude environnementale et paysagère du site : évolution historique, organisation architecturale et immobilière du village et des environs. De petits immeubles de type urbain, par exemple, ne sont pas compatibles avec l’environnement construit.

Le nombre d’îlots et les architectures de chacun de ceux-ci, font partie des variables du projet. En disposant les constructions selon les courbes de niveau du terrain, on préserve la topographie naturelle du lieu et donc le paysage.

Les discussions au sein du COPIL et avec de futurs habitants potentiels ont permis de définir les principaux contours du projet comme suit :

  • La plus grande diversité générationnelle et sociale est recherchée, ce qui conduit à proposer des surfaces habitables variables ;
  • Des espaces communs sont aménagés : halle couverte, salle de réunions et de fête, buanderie, jardins potagers, place de jeux pour enfants.
  • Pas de parcelles privées. La totalité de l’espace non construit (environ 11’000 m2) est accessible à chaque habitant.

Exemple

Dessins 3 D extraits de l’offre préliminaire de SCO2BOIS & CO, constructeur de maisons bioclimatiques, ossature bois, 73100 AIX LES BAINS.

La surface de plancher des plus petites habitations est d’environ 60.9 m2, celle des plus grandes atteint 168.7 m2. La surface totale de plancher est de 2’024 m2. Cette surface ne comprend pas les planchers des premiers étages qui sont situées à moins de 1.8 m de hauteur sous plafond (mezzanine).

Spécimen d’une habitation au 1 er étage d’une maison qui en compte deux. Cette habitation comprend encore une remise/atelier de 8 m2 accessible depuis le rez-de-chaussée.

Terrasses

Chaque habitation dispose d’une vaste terrasse abritée, 34 à 40 m 2. Cet espace extérieur est très apprécié pour plusieurs raisons :

C’est, de fait, une salle à manger, un espace de détente, de loisirs et de réunions durant une grande partie de l’année. Jusqu’à deux tiers à Beaufort, disent des habitants de la région qui en possèdent une de cette taille.

Elle permet d’accueillir des animaux de compagnie. Indépendamment du fait que pour sortir un chien, par exemple, son maître dispose de plus d’un hectare d’espace commun, non public.

Elle participe au confort thermique de l’habitation en la protégeant du rayonnement solaire en été (le soleil est haut) tout en profitant de sa chaleur en hiver (le soleil est bas).

Jardins potagers

Ils sont situés le long de la route départementale sur les remblais extraits des excavations des maisons. Ils sont surélevés d’un mètre en moyenne par rapport à la route départementale, créant un écran de verdure entre cette route et les habitations. Ils en sont séparés par un mur de soutènement en pierre naturelle (souhait de la Mairie).

Remarque importante : L’aménagement final résultera des choix que feront l’ensemble des acquéreurs du site, fédérés selon une structure juridique à définir. Ainsi, toute liberté est laissée à l’architecture extérieure et, à plus forte raison, intérieure des maisons, aux volumes de celles-ci, au nombre d’îlots, à la répartition des maisons à deux ou à un seul appartement, aux aménagements de la parcelle et du bâtiment collectif, etc.

Quelle serait la structure juridique la plus appropriée à la réalisation de l’écoquartier du Gour-de-Lu par ses futurs habitants ?

Les formes juridiques possibles sont multiples. Toutefois, sur la base d’informations recueillies auprès de résidents de plusieurs habitats groupés et d’écoquartiers comparables et réussis, on peut suggérer la création d’une coopérative-copropriété d’habitations qui garanti, à la fois, durablement les intérêts économiques et sociaux de ses membres et un cadre de vie de grande qualité.

L’habitant est propriétaire de son habitation et il est copropriétaire de la totalité de la surface non construite de la parcelle ainsi que des installations communes.

D’autres formes de structures sont bien entendu possibles, comme une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC).

Exemple de démarche : un groupe de personnes souhaitant accéder à la propriété individuelle à des coûts abordables, hors des offres conventionnelles et en écartant toute spéculation immobilière, crée une société coopérative. Idéalement, ses adhérents devraient déjà être les futurs acquéreurs des 20 habitations. La coopérative peut démarrer avec une structure plus réduite. Ce premier groupe recherche alors des adhérents pour compléter l’assemblée des coopérateurs avec en objectif la diversité sociale et générationnelle souhaitée par le COPIL et, particulièrement, par la Mairie de Beaufort.

La coopérative mandate un architecte-urbaniste, lequel élabore un projet selon les souhaits de chacun. La coopérative, avec l’aide de l’architecte et d’autres conseils qu’elle a choisis, est le maître d’ouvrage de l’ensemble du projet. C’est elle qui acquière la parcelle, construit les maisons et les aménagements. C’est son comité élu qui est le garant de la finalité du projet, notamment vis à vis des pouvoirs politiques et des administrations.

La coopérative d’habitations est, semble-t-il, la bonne structure qui permet de réaliser le plus rapidement possible un ensemble construit harmonieux, à la satisfaction de tous ses membres puisque ce sont eux qui l’on imaginé et réalisé.

Ce montage juridique a pour but, d’abord, de réaliser au coût le plus bas possible un ensemble d’habitations conformes aux souhaits de leurs habitants, d’éviter toute spéculation immobilière et l’intrusion d’intermédiaires promoteurs extérieurs. Par la suite, les marges d’exploitation sont réinvesties ou distribuées.

Les équipements collectifs sont réunis dans un seul bâtiment, propriété de la coopérative.

Le bâtiment collectif, selon le projet, comprend : une halle partiellement ouverte, éventuellement équipée de matériels à usage commun (four à pain, barbecue,…), une salle de réunion agencée d’un bloc-cuisine, une buanderie commune comprenant machines à laver et local d’étendage.

Parcages des véhicules automobiles et voies de circulation

Le stationnement permanent des véhicules des résidents sont tous concentrés dans un seul parking. Idem pour les voitures des visiteurs.

Ces dispositions ressortent du cahier des charges et des choix du COPIL (recherche des solutions les moins invasives possibles de la circulation automobile). Les règles des circulations internes sont celles d’une zone piétonne.

  • Toutes les voitures des résidents (36 places) sont groupées au nord de la parcelle et abritées sous des ombrières photovoltaïques.

Des sociétés spécialisées dans la réalisation d’ombrières photovoltaïques prennent en charge la conception et la construction et même, si le maître d’ouvrage le souhaite (la coopérative en l’occurrence), le coût complet de la réalisation. Dans ce cas, elles restent propriétaires et exploitantes de l’installation pendant la durée d’un bail préalablement convenu. À l’issue du bail la propriété des ombrières est transférée sans frais au maître d’ouvrage, ainsi que le contrat de commercialisation de l’électricité produite.

Chacune des places de parking est équipée d’emblée d’une prise électrique pour la recharge des batteries des voitures électriques.

Suggestion : quelques petites voitures électriques, propriétés de la coopérative, sont mises à disposition des habitants en libre service à la journée pour de petits parcours (Crest, Valence, …). Ce service doit être financièrement autonome.

  • Les parcages des voitures « visiteurs » (9 places) sont groupées à l’entrée du quartier. Elles n’y circulent pas.

Place de jeux pour enfants

Elle est située au nord de la parcelle, le long du chemin des Auches. Avantages :

  • Elle est séparée des circulations des véhicules et de la zone verte de détente ;
  • Elle est ouverte vers le village par une voie très peu circulante. Elle est, de ce fait, une invitation aux autres enfants du village (désenclavement du quartier).

Aménagements requis par les objectifs de la durabilités et du bien-être

Production de l’électricité solaire

La surface des panneaux de l’ombrière photovoltaïque, soit 520 m2 , couvre largement les besoins des 20 ménages de l’écoquartier.

La consommation moyenne annuelle d’un ménage est de 3’500 kWh. Celle de l’écoquartier serait donc : 20⋅3’500 = 70’000 kWh/an. Sachant qu’un panneau photovoltaïque produit en moyenne 160 kWh/an, la production annuelle des 520 m2 de l’ombrière serait de 520⋅160 = 83’200 kWh/an.

Consommation de l’énergie-chaleur, chauffage et eau chaude sanitaire

La consommation maximale de chaleur pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire (ECS) des maisons bioclimatiques dites passives, construites selon la norme RT-2020, est de 25 kWh/an/m2 de surface habitable, dont seulement 8 kWh/an/m2 pour le chauffage.

La consommation maximale d’ECS ne dépend pas de la qualité d’isolation de la maison. On considère donc les valeurs « standard », soit 40 L à 60°C par habitant et par jour.

Chauffage. Le chauffage se concentrant sur environ 6 mois de l’année, les besoins durant cette période sont de 16 kWh/1/2 an/m2. On admet que 75 % de ces besoins sont assurés par des capteurs solaires thermiques. L’appoint occasionnel est assuré par un poêle à bois (bûches ou granulés).

ECS. Durant l’été (env. 6 mois), l’ECS est entièrement assurée par des capteurs solaires thermiques. En saison froide, la température de l’eau chaude solaire n’est généralement pas assez élevée pour l’ECS. Le complément de température est obtenu par un chauffe-eau thermodynamique boosté par la chaleur solaire.

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Par ces estimations, on observe que la surface des capteurs thermiques (9.0 m2 /maison) ne pose aucun problème d’installation, que la consommation de bois pour le chauffage d’appoint est négligeable en termes de coût (moins de 30 € par an/habitation) et que la consommation électrique du chauffe-eau thermodynamique, grâce au préchauffage solaire, est du même ordre (moins de 40 €/an/maison).

Remarque importante : Ce dimensionnement est une évaluation basée sur des données prescrites par des réglementations officielles (hautes performances énergétiques, RT-2020) et par des descriptions publiées par des constructeurs. Il ne peut en aucun cas se substituer à des analyses thermiques qualifiées des constructions finalement optées, ainsi que par les garanties certifiées et vérifiées des techniques proposées par les constructeurs de maisons bioclimatiques.

Utilisation de l’eau de pluie pour alimenter les chasses des WC et l’arrosage Valeurs admises selon les statistiques nationales :

  • Consommation moyenne d’eau potable par habitant et par jour : 150 L ;
  • Part de cette consommation pour les WC : 20 % ;
  • Part de cette consommation pour l’arrosage : 8 % ;
  • Précipitations annuelles moyennes à Beaufort : 0,900 m ;
  • Surface des toitures : 1’800 m2;
  • Nombre d’habitants par ménage : 2.3 (moyenne nationale) ;
  • Précipitations ordinaires moyennes : 5 mm/h (pluie modérée).
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Les calculs montrent que la ressource d’eau de pluie pourrait théoriquement et en moyenne largement satisfaire aux besoins de la consommation des chasses d’eau et de l’arrosage (ressource : 1’620 m3/an, consommation : 705 m3/an). Toutefois, comme les précipitations sont fortement intermittentes par nature, il faut les stocker.

Capacités de stockage pour répondre aux besoins durant les intermèdes sans pluie : 1 réservoir de 1.5 m3 par maison + 1 bassin de 120 m3 situé sur le haut de la parcelle (piscine polyester enterrée, par exemple).

La réserve faite plus haut sur le dimensionnement des besoins d’énergie-chaleur des habitations est, bien entendu, applicable à celui de la récupération des eaux de pluie.

Protection contre les rayonnements électromagnétiques

Par rapport à la construction traditionnelle, la maison-bois a de nombreux atouts en termes d’isolation thermique et phonique, de répartition de la chaleur intérieure et de régulation de l’humidité (le bois absorbe l’humidité lorsque celle-ci est élevée et la restitue lorsqu’elle est basse). Toutefois, elle est très perméable à la pollution électromagnétique. Celle-ci est émise par le réseau de distribution domestique (champs électriques alternatifs 50 Hz et par tous les appareils branchés sur ce réseau) ainsi que par les ondes électromagnétiques artificielles à très haute fréquence des télécommunications (téléphones portables, réseau Wi-Fi, etc.).

Sans être hypersensible au smog électromagnétique, on peut s’interroger sur les conséquences de ces émissions sur la santé. Or, une construction-bois limitant cette pollution à des valeurs réputées acceptables est tout à fait réalisable aujourd’hui.

Au moment de l’étude de la conception des habitations, il est donc hautement souhaitable de faire intervenir un géobiologue ou un spécialiste en environnement électromagnétique qui indiquera au maître d’œuvre le mode d’architecture approprié de l’installation électrique intérieure et le type de films (grilles) à intégrer dans les parois pour bloquer les émissions provenant de l’extérieur.

Parcelle cultivable annexée à celle de l’écoquartier

La parcelle (rouge) est située au-dessus de la grotte-émergence du Sarrier. Cliquez pour agrandir…

Des personnes intéressées par le projet ont fait remarquer que la mise à disposition d’une parcelle cultivable de superficie supérieure à celle des potagers particuliers pourrait intéresser de futurs habitants pour y pratiquer diverses activités accessoires comme la permaculture, l’apiculture, etc.

Pour répondre à cette attente, la famille BUFFARDEL met à disposition, à bien plaire, une parcelle agricole de 8’750 m2, actuellement inexploitée, située à 400 m de celle de l’écoquartier, sur la route de Suze.

Le haut de la parcelle est un bel endroit de calme et de nature. Cliquez pour agrandir…

Les besoins d’arrosage des cultures pourraient être assurés par l’eau de pluie. Sachant que ces besoins sont, à Beaufort, de 10 à 15 L/m2/an, une surface de récolte d’eau de pluie de 15 m2 au moyen d’une toiture à deux pans inversés (par exemple), pour une surface cultivée de 1’000 m2 suffirait. Une citerne de même surface et de 1.0 m de profondeur (15 m3) serait placée sous la toiture. Aménagée vers le haut de la parcelle, cette installation permettrait un arrosage idéal sans prélèvement ni d’eau de réseau, ni d’énergie. La pente moyenne de la parcelle est d’environ 20 %, avec une zone centrale un peu moins pentue.

Comment une coopérative de futurs habitants peut-elle gérer la construction de l’écoquartier ?

Suggestions selon des expériences vécues d’écoquartiers réalisés et réussis.

À concrétiser avant le démarrage du chantier :

  • Constitution d’un petit groupe de personnes et couples intéressés au projet et qui en partagent les mêmes lignes directrices. Création d’une structure juridique de forme coopérative non lucrative. Par exemple : société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). ;
  • Recherche d’adhérents à la coopérative qui s’inscrivent à la fois dans les concepts du projet et dans l’objectif de la diversité sociale et générationnelle des habitants. C’est donc au primo-groupe de coopérateurs qu’échoit la responsabilité (et le privilège) de la sélection des adhérents. À ce niveau d’engagement, les coopérateurs s’acquittent d’un « ticket d’entrée ». Le montant de ce ticket pourrait être modeste, 1’000 € par exemple. Cette première phase prend fin lorsque le nombre d’adhérents atteint le nombre requis d’habitations (20 selon le projet) ;
  • La coopérative engage un architecte-urbaniste. Celui-ci écoute les futurs habitants aussi bien sur les souhaits communs d’aménagement de la parcelle et des installations collectives que sur ceux de chacun quant à leur propre habitation. Il exécute, avec eux, les architectures finales, extérieures et intérieures, procède aux appels d’offres définitifs de tous les travaux de construction (voir le descriptif au chapitre suivant « Combien ça coûte ? »). Il prend en charge toutes les démarches administratives (mise à l’enquête, permis de construire, etc.). À l’issue de cette phase, les coûts de construction fermes sont connus et la réalisation du projet est techniquement prête à démarrer.
  • La coopérative réunit les fonds nécessaires au démarrage du chantier auprès de ses adhérents au prorata des surfaces de plancher requises par chacun. Elle acquiert le terrain selon un échelonnement à définir.

Démarrage du chantier et conduite des travaux

  • L’architecte est mandaté par la coopérative pour conduire les travaux jusqu’à l’achèvement du chantier. Son mandat peut comprendre, ou non, l’aménagement intérieur des habitations, celui-étant laissé au gré des convenances de chacun.
  • Le conducteur des travaux a la responsabilité de la qualité de leurs exécutions, de la tenue des délais et du respect du budget. Il ne peut prendre aucune décision qui dérogerait au plan initial fixé avec la coopérative sans l’accord de celle-ci.
  • La coopérative est le maître d’ouvrage du projet. Elle est représentée à chaque séance de chantier.

Dans quel délai peut-on évaluer l’achèvement de la construction de l’écoquartier ?

La phase la plus longue et, surtout la plus incertaine à ce point de vue, est certainement celle qui est en cours en ce moment : création de la coopérative groupant les 20 foyers, futurs habitants. À partir de ce moment, lorsque les fonds sont réunis, que le projet est entièrement conçu et dimensionné et que le premier « coup de pioche » est lancé, le délai jusqu’à la fin de la construction des 12 maisons est d’une année. Les entreprises qui ont réalisé des travaux comparables sont prêtes à garantir ce délai. Il est possible grâce à la construction des maisons « ossature-bois ». En effet, les travaux sur le terrain d’infrastructure, de nivellement, de cheminements et de soubassements peuvent être conduits de front avec la fabrication des maisons en usine.

En admettant que la phase de mise en place des structures de fonctionnement de la coopérative dure encore une année, on pourrait envisager la fin du chantier vers l’été 2021. Une date sensiblement plus proche paraît peu réaliste.

Administration participative de l’écoquartier après sa construction

Le régime juridique le plus approprié est, paraît-il, celui de la copropriété, système bien éprouvé. Les habitants sont propriétaires de leur habitation. Le terrain est entièrement la propriété de la coopérative (pas de parcelles privatives), ainsi que de tous les aménagements communs.

Deux structures juridiques cohabitent : la coopérative et la copropriété avec des statuts et des fonctions différentes. L’assemblée de la coopérative prend les décisions importantes : investissements, modification des statuts, etc. C’est elle qui représente l’écoquartier auprès des institutions publiques.

L’assemblée de la copropriété gère l’administration courante de l’écoquartier de la même manière qu’un immeuble d’appartements. Chaque habitant est membre des deux structures.

Il existe un grand nombre de régime adaptables à un écoquartier. In fine, c’est aux futurs habitants qu’appartient le choix du régime juridique qui leur paraît le plus adéquat.

Combien ça coûte ?

Pour répondre à cette question, les initiateurs du projet ont établi, avec l’aide de professionnels de la construction, un descriptif détaillé du concept en vue d’obtenir des offres globales crédibles de réalisation de la parcelle et des 20 habitations (12 maisons). Ceci a conduit à esquisser des architectures possibles, extérieures et intérieures, la seule certitude étant que les exécutions finales seront différentes puisqu’elles seront conçues par les futurs habitants.

Toutefois, ces offres permettent d’évaluer efficacement les coûts finaux par analogie avec des types de construction semblables (hautes performances énergétiques, qualité environnementale du site, etc.), au moyen de coefficients (prix au m2 ou au m3), exercices que maîtrisent très bien les entreprises de construction.

L’estimation des coûts finaux au m2 « plancher » des habitations sont résumés par le tableau suivant.

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Coût final d’une habitation moyenne, toutes réalisations terminées, prestations d’architecte et direction des travaux comprises, en fonction de sa surface de plancher.

La plus petite : rez-de-chaussée 61 m2 + terrasse 40 m2 2’477×61 = 151’100,- €.

La plus grande : maison entièrement habitée : 169 m2 + 2 terrasses 40 et 34 m2 = 2’477 × 169 = 418’600,- €.

Remarques :

L’évaluation du coût moyen résultant du chiffrage de l’avant-projet, indiqué sur le site www.ecoquartier-gourde-lu.fr, est de 2’353,- €/m2 (200’000/85), soit env. 5 % inférieure à l’estimation ci-dessus, laquelle correspond maintenant à la directive RT-2020 (maison passive), plus coûteuse que RT-2012 de 100 à 200 €/m2.

  1. Les estimations ci-dessus ne prennent pas en compte l’effet « série » de la construction. Or, si les maisons sont dimensionnées selon les mêmes modules et si une grande partie des équipements peut être commandée globalement, les coûts unitaires s’en trouveront sensiblement diminués. Une réduction de 5 à 10 % est parfaitement réaliste.
  2. On observe que le poste « Finition clé en main » (Phase 6) est le plus élevé : env.1/3 du coût total. Des économies importantes peuvent donc être faites sur ce poste, soit en choisissant des revêtements plus bruts qu’une finition « standard » (sols, murs, plafonds) ou en optant pour des équipements plus simples (cuisine, salle de bain, etc.), soit en participant soi-même à ces travaux.